Un Règlement Local de Publicité ambitieux pour Nantes Métropole !

( 4 minutes de lecture)

Le 10 décembre 2021, la métropole de Nantes adoptait un nouveau règlement local de publicité restrictif pour les publicitaire. Après un an de travail le document est ambitieux :

  • Limitation de la taille des panneaux à 8m², ce qui va entrainer la dépose de 310 panneaux avec l’interdiction des 12m²,
  • Critères de densités assez stricte qui va entrainer aussi la dépose de 8m²,
  • Interdiction complète de la publicité sur 70% du territoire métropolitain,
  • Empêcher l’émergence de nouveau type de publicité comme en toiture,
  • Arrêt de développement des panneaux numériques et suppression des panneaux de plus de 2m²,
  • Interdiction de la publicité aux abords des écoles,
  • Réduction de moitié de la publicité sur le mobilier urbain dans le cœur historique, avec notamment la suppression de la moitié des 217 mobiliers urbains de 8m²,
  • Extinction nocturne des publicités,
  • Mise en place d’un score CO2, pour lutter contre la publicité des produits polluants,
  • Mise en place d’une police de la publicité, pour faire respecter la réglementation,
  • Renégociation du contrat de mobilier urbains,

Bref, de belles avancés. Retrouver ci dessous mon intervention :

Texte de l’intervention

Madame la présidente, mesdames et messieurs les conseillers métropolitains,

Merci à Pascal Pras pour la présentation de ce dossier.

Cela fait plus d’un an que nous débattons de cette question de la publicité dans notre métropole, plus d’un an que le travail de refonte du règlement local de publicité est engagé. Ce travail arrive à son terme, et nous le voyons : plus que jamais, la publicité est une question politique.

Les derniers mois ont été marqués par des publications scientifiques importantes telles que le GIEC, mais aussi le scénario Ademe et Negawatt. Tous ces travaux pointent les niveaux sans précédents de pression sur l’environnement que nous exerçons, ils pointent aussi et surtout que c’est notre mode de vie, consuméristes et capitalistes qui en est la cause. La relation entre consommation effrénée et pollution est un fait scientifique. 

 C’est pour cela que la publicité est un sujet politique : vendre de l’espace public pour pousser à la consommation, voilà le symbole d’un temps révolu.

Nous avons également vu et entendu le souhait d’un autre imaginaire, d’un autre modèle de développement, et la publicité vient sans cesse créer une dissonance chez les habitants et les habitantes : 

  • On demande aux gens d’économiser l’énergie, mais d’immenses télévisions tournent en boucle à leur arrêt de bus ou sur leurs placettes de quartiers.
  • La ville plaide pour un espace public apaisé, mais on leur impose dans le moindre recoin de ce même espace public des visuels parfois criards, parfois sexistes, et rarement utiles.

Pour le climat et pour refaire de l’espace public un bien commun, il faut faire reculer la marchandisation et la publicité. C’est avec cette commande que nous nous sommes mis au travail sur le règlement local de publicité.

Le document qui nous est présenté est précis, sérieux et reflète les échanges que nous avons eu depuis un an. Tous les leviers, toutes les mesures ont été discutés pour aller dans le même sens : limiter la publicité. Interdiction complète de la publicité sur 70% du territoire métropolitain, moratoire sur la publicité numérique, … la liste est longue, mais j’aimerais revenir sur un axe, une orientation qui a guidé nos choix : L’idée “d’égalité devant la publicité”. 

Le fonctionnement du RLPm nous invitait à protéger fortement des zones avec un intérêt patrimonial particulier, et permettre la publicité dans d’autres. Cela créerait une inégalité : certains citoyens se retrouveraient très exposés à la publicité, à ces intrusions dans l’espace public et dans nos espaces visuels, et d’autres moins. 

Si je peux me permettre une digression, c’est exactement ce que décrit Alain Damasio dans son ouvrage Les Furtifs”. Une ville privatisée ou les citoyens ont des abonnements : Privilèges, premium ou basique. Suivant votre abonnement, vous n’avez pas accès aux mêmes parcs, aux mêmes espaces publics, et surtout vous n’avez pas la même publicité interactive qui vous sollicite. Nous n’en sommes pas là bien sûr, mais la fiction doit nous inspirer : nous devons être vigilants à ce que la qualité de l’espace public soit la même pour les plus précaires et les plus riches.

Ce texte que nous votons, aura un effet immédiat : le retrait de beaucoup panneaux, réduction de moitié de la publicité sur le mobilier urbain dans le cœur historique, extinction nocturne des publicités, arrêt de développement de la publicité numérique, …. Voilà ce que nous allons voter. Mais le travail ne s’arrête pas après ce vote.

Notre Règlement Local de Publicité va avoir un effet sur le contrat de mobilier urbain, des arrêts de bus aux panneaux d’affichage, nous devons re-discuter avec notre opérateur du contrat passé au dernier mandat. Ce travail est engagé, et s’engage dans d’autres métropoles qui, comme nous, ont pris des engagements auprès de leurs habitantes et habitants.

Nous devons également faire respecter notre règlement. Certains opérateurs prennent déjà des libertés avec les règles existantes, ce nouveau règlement doit être l’occasion de rappeler qu’ils doivent s’y soumettre. Nous pouvons compter, je pense, sur les associations et collectifs de protection de l’environnement et du patrimoine qui savent déjà nous interpeller pour rappeler à l’ordre les publicitaires. L’appropriation du Règlement Local de Publicité par ces personnes est donc important, d’où notre souhait aussi d’avoir un document simple avec un nombre de zones limités.

Enfin, nous devrons faire preuve de pédagogie, faire comprendre l’intention derrière le réglementaire, demander aux commerçants de faire preuve de responsabilité par exemple, en ne mettant pas à disposition leur vitrine pour des publicités vidéos, comme nous le voyons se développer de plus en plus.

Le groupe écologiste et citoyen votera donc pour cette délibération, nous sommes contents du travail et fier des engagements pris par la métropole et les villes de la métropole sur ce dossier, qui rappelons-le une dernière fois, est important et politique.

Je vous remercie pour votre écoute.

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