Débat sur le Règlement Local de Publicité

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J’ai réalisé cette intervention à l’occasion du Conseil Métropolitain du 12 février 2021.

Madame la présidente, mes chers collègues,

// Je propose la suppression de la publicité dans l’espace public. À notre époque nous sommes sur-sollicités et je trouve cela envahissant. Je comprends qu’il y a des problématiques financières. Mais je pense que cette publicité est une intrusion dans nos vies.//

// Je suis pour la suppression des panneaux vidéos qui éblouissent la nuit, qui ne sont pas écologiques. Les panneaux publicitaires sont trop nombreux, trop grands, ils prennent trop d’espace visuel, ils enlaidissent nos rues, nos places, c’est un carnage dans les zones commerciales. Les publicités « écran » c’est une honte, on passe déjà nos vies devant des écrans merci de laisser les espaces publics sans écran. //

// J’en peux plus de ces appels incessants et agressifs à la consommation //

Ces propos, chers collègues, ne sont pas les miens, ce sont ceux de Michèle, David, Nicolas, Damien et Anne-Sophie, je les ai recueillis sur le registre dématérialisé de la concertation pour le règlement local de publicité. Je n’ai pas eu beaucoup à chercher, car la plupart vont dans le même sens : nos citoyens en ont marre de la publicité ! Ils la ressentent comme une contradiction avec l’impératif de sobriété et de transition écologique. Ils ne supportent plus que nous, élus, bradions leur espace public et vendions leur attention pour des retombées économiques que nous sommes souvent bien incapables de chiffrer précisément.

Un débat sur la place de la  publicité dans notre métropole, sous toutes ses formes, est donc nécessaire, et il est en cours : des citoyens ont été tirés au sort et chacun peut en ce moment faire ses remontées sur les supports de publicités qu’il ou elle souhaite contraindre. 

La délibération dont nous parlons aujourd’hui, le RLP, réglemente deux types de protection : celle de l’environnement et du cadre de vie. Ce cadre réglementaire, assez technique, ne doit pas nous empêcher d’afficher une ambition sur des décisions les plus contraignantes possibles contre la présence de publicité dans notre métropole. 

Parlons tout d’abord des panneaux numériques : ces télévisions géantes installées partout et allumées 24h/24 dans le but de nous hypnotiser. 

Et bien ces panneaux, nous pouvons essayer de les interdire définitivement. Cela ne sera pas facile : il y a des freins juridiques et contractuels à lever, mais c’est possible. J’aimerais ici et aujourd’hui que nous actions ensemble notre souhait de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour interdire les panneaux numériques. 

Nous devons contraindre d’autres dispositifs : les panneaux lumineux par exemple, allumés jour et nuit, sont incompréhensibles pour nos habitants et habitantes. Nous devons et pouvons imposer une extinction des panneaux lumineux de 22h à 7h du matin.

Vous l’avez vu, les orientations proposées parlent de critère de densité. Là aussi il nous faut poser des actes forts. Travailler de concert avec l’ensemble des communes sur un principe général de 100m entre deux publicités, y compris le mobilier urbain, me paraît une première étape intéressante. Nous pourrons discuter de ces valeurs et avoir un débat sur ce que cela implique, mais je pense important de prendre une valeur de base de 100m entre deux dispositifs publicitaires, y compris le mobilier urbain.

Avec ce critère de distance, je commence à aborder un sujet essentiel de ce débat : le mobilier urbain. Il y a aujourd’hui un contournement des règles qui régissent les affichages publicitaires qui doit-être réajusté. 

Alors que JC Decaux vient de se faire épingler pour évasion fiscale, allons-nous vraiment continuer de financer massivement ces fraudeurs, et les laisser être le seul et unique opérateur sur notre mobilier urbain, et dont les pratiques commerciales agressives sont connues de tou.te.s ? 

Je le dis haut et fort : nous devons ouvrir dès demain les négociations avec JC Decaux sur le contrat en cours en parallèle de la réforme du RLP, car il est mensonger de dire que les 2 sujets ne sont pas liés. Ce contrat est soumis au RLP, la révision réglementaire que nous sommes en train d’opérer aura des conséquences sur le contrat en cours, c’est pourquoi il faut engager les négociations. 

Enfin, la proposition d’interdire la publicité aux abords des sites inscrits et aux abords des parcs est évidemment une bonne mesure et nous la soutenons.  Mais il nous faudra aller plus loin, pour ne pas créer des zones « protégées », au détriment d’autres zones, « envahies ».  Car le RLP invite à cela : faire des zones où l’on estime qu’il faut préserver le cadre de vie, et en faire d’autres où celui-ci serait … Pas à préserver, ou moins.  Il s’agit d’équité face à la publicité, et nous devons prendre nos responsabilités. Tous les quartiers sont des lieux de vie, d’habitation, de travail, de pratique en plein air ou de transport. Et donc ils méritent d’être considérés.

D’autres villes sont ambitieuses, rejoignons les rangs ! Et connectons-nous à ce qui se passe au-delà de notre territoire. Notre travail ici dans la métropole de Nantes doit se connecter à ce qui se passe autour de nous. D’autres RLP très restrictifs sont en cours d’élaboration, et le contexte réglementaire est en train d’évoluer : la loi climat devrait  ouvrir à l’interdiction des panneaux numériques à l’intérieur des vitrines de commerçants. Nous espérons qu’au cours des phases d’amendements elle étende le spectre d’actions du RLP. 

Même si le détricotage de la Convention Citoyenne pour le Climat -dont nous sommes témoins aujourd’hui- n’augure rien de bon, continuons à faire entendre nos revendications et tenons-nous prêts à intégrer toutes les évolutions réglementaires qui pourraient avoir lieu dans les mois qui viennent.

Vous l’aurez compris, les élus écologistes et citoyens seront donc pleinement mobilisés dans l’année à venir pour faire reculer la publicité partout où c’est possible, dans tous nos quartiers, dans l’intérêt général des habitantes et des habitants de notre métropole. 

Je finirai par un petit clin d’œil : si des députés dans la salle sont prêts à écouter les élus locaux, devenus spécialistes du RLP à la faveur de cette délibération, je serai ravi de leur proposer des amendements sur la Loi Climat, ne serait-ce que sur les questions de publicité.

Je vous remercie.

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