“Notre écologie ne sera jamais nationaliste”

( 3 minutes de lecture)

Originellement un projet de tribune1, adapté en article. Plusieurs personnes ont contribué puis souscrit à ce texte, vous les trouverez en fin d’article.

Devant l’ampleur que prend l’enjeu écologique ces dernières années, l’extrême droite actualise logiquement son discours, pour vampiriser de nouveaux électeurs et de nouvelles électrices, et amplifier une nouvelle peur qu’elle a identifiée. La montée d’Hervé Juvin dans les rangs du RN et son parachutage en tête de leur liste en Pays de la Loire en sont des signaux : tête pensante de l’écologie nationaliste au sein du Rassemblement National, il est désigné pour être la tête de liste pour les élections régionales en Pays de la Loire. 

Refusons de voir l’extrême droite instrumentaliser l’écologie politique au profit de son projet de rejet des autres. 

L’écologie selon l’extrême droite, c’est le retour en arrière, fondé sur une campagne fantasmée qui n’a jamais existé. Elle est le prétexte d’un repli sur soi et d’une étanchéité entre « notre » culture et la « leur ». Cette idéologie conservatrice, réactionnaire et haineuse s’érige contre les éoliennes, contre les étrangers, contre la fiscalité écologique, contre les réfugiés climatiques, contre la solidarité. C’est un immobilisme mortifère et triste. Elle refuse la complexité des solutions, l’écoute et les transitions et est longtemps restée climato-sceptique.

À toutes celles et tous ceux inquiets de l’avenir de la planète : l’écologie nationaliste ne peut pas répondre aux problèmes, car elle les ignore ou les déforme. L’écologie politique met dans le débat public tous les sujets essentiels pour notre avenir : l’énergie, l’agriculture, l’aménagement du territoire, la répartition des richesses. C’est une écologie juste, démocratique et responsable.

À toutes celles et tous ceux qui seraient tentés par le discours « priorité au local avant le global » : les problèmes écologiques ne s’accommodent ni des frontières ni des échelles, l’écologie est un problème planétaire à solidarité obligatoire entre tous les humains. Notre écologie entend rompre les rapports d’inégalités et d’injustice, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain. Notre écologie s’ouvre aux autres, recrée du lien dans nos vi(ll)es et villages, accepte les différences et l’altérité comme conditions nécessaires à une transition démocratique vers un monde soutenable. Si les questions de la souveraineté nationale, de relocalisations et de circuits-courts sont redevenus essentielles à la faveur de la crise sanitaire, elles ne seront jamais synonymes de repli nationaliste et de rejet. Il n’y a pas de “eux” et “nous”, nous devons tous et toutes penser global pour agir local, nos luttes ont toujours été connectées aux territoires où nous vivons dans un message d’égalité et d’ouverture.

Ne soyons pas dupes. Le concept d’écologie renouvelle peut-être les rhétoriques du RN, mais il confirme avant-tout leur vision inquiétante et cruelle du monde de demain, avec les thèse les plus violentes et les plus racistes, où seuls certains et seules certaines auront le droit de (sur)vivre. Quelle que soit la taille des murs que nous bâtirons, ils ne seront jamais assez grands pour bloquer des personnes qui cherchent une vie meilleure et un endroit vivable, jamais assez grands non plus pour cacher notre honte de ne pas venir en aide aux nôtres. La seule solution à cette crise est dans l’accueil et la coordination internationale pour le droit des réfugiés, car il n’y a pas d’étrangers sur notre terre.

L’écologie politique, que nous revendiquons, porte le projet démocratique de construire un monde plus juste, plus équitable et plus humain, comme une des conditions fondamentales pour préserver notre planète. Elle est une proposition  de justice, d’égalité et de progrès. C’est pour cela aussi que notre écologie ne sera jamais nationaliste.

Ils/elles ont contribué ou signé et acceptent d’être mentionné.e.s :

  • Maël Rannou
  • Elsa Richard

Sources / aller plus loin :

Note

  1. Il y a quelques mois, avec l’annonce de candidature d’Hervé Juvin comme tête de liste du Rassemblement National en Pays de la Loire, j’ai produit ce texte pour refuser son approche de l’écologie. Le but était de signer à plusieurs mains et de le publier dans la presse. Rattrapé par l’actualité et (heureusement) un faible engouement pour cette candidature, le projet de tribune a avorté. Si j’en suis le rédacteur principal, c’est un travail collectif. Merci donc à celles et ceux qui ont relu et contribué.

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